| Lors des funérailles
il faut que le cercueil soit de planches neuves et que le linceul n'ait
jamais servi ; mais on revêt le défunt de la chemise
qu'il avait le jour de ses noces et qui a été conservée
pour cet usage. On met au bras droit du mort un chapelet, et l'on place
près de lui, dans la fosse, l'écuelle de terre qui a servi
à l'aspersion de l'eau bénite. On ne fait pas usage de l'eau
et du lait qui se trouvent dans la maison où il y a une personne
décédée, et tout doit être jeté dehors
après l'enlèvement du cadavre.
Autrefois, dans la Haute-Vienne, le jour des Cendres, on exposait sur
la cheminée de la cuisine, un tableau composé d'autant de
lettres qu'il y a de jours en carême et l'on effaçait tous
les soirs une de ces lettres, qui formaient l'inscription suivante : "Mors
Imperat Regibus Maximus Minimis Denique Omnibus" (que je traduis
par : "la mort commande aux rois, aux plus grands comme
aux plus petits, en bref à tout le monde") .
Dans la Creuse, on fait toujours du pain la veille de Noël, et l'on
ajoute à la fournée un gâteau fait avec soin. Ce gâteau
a, dit-on, des vertus particulières ; on le met en réserve
pour s'en servir en cas de maladie des hommes et des bestiaux et l'on
croit qu'il suffit d'en faire prendre au malade une parcelle pour le guérir
radicalement.
En revenant de la messe de minuit, les villageois comme les citadins font
réveillon, et ils réveillent aussi les bestiaux pour les
faire manger.
Ces villageois aiment à entendre chanter le grillon dans leur foyer,
parce qu'ils croient que cet insecte porte bonheur au ménage. Ils
sont persuadés aussi que les araignées sont utiles aux étables
et qu'elles y purifient l'air. Enfin c'est un signe de prospérité
que de posséder à la corniche du toit un nid d'hirondelles.
Dans la Haute-Vienne, le saint patron du village de Darnac a le privilège
de guérir toutes les maladies qui affectent les fifférentes
parties du corps. Mais si l'on a mal au bras, à la jambe, à
la tête, il faut pour être guéri, toucher le bras,
la jambe ou la tête du saint avec un peloton de laine lancé
d'une certaine distance. Si l'on manque d'adresse la première fois,
il faut lancer un second peloton, puis un trosième et d'autres
encore, jusqu'à ce que l'on ait touché le membre que l'on
veut atteindre, et qui correspond à celui dont on demande la guérison.
Le même peloton ne peut servir qu'une fois, et le sacristain a le
soin de ramasser et de garder tous ceux qui ont été lancés. |