Etat de la France en l'an IX

 

 

 

Rédigé sans doute dans les premiers mois de l'an IX par les bureaux du ministère de l'intérieur d'après des renseignements dont la plupart semblent avoir été transmis moins par les préfets que par des députés au corps législatif.

Corrèze
Esprit public. Il paraît que les esprits sont beaucoup refroidis. S'il reste quelque inquiétude, c'est de ne pouvoir assez bien lire dans la pensée du gouvernement. Ministres du culte. Il y a beaucoup d'anciens prêtres réfractaires ; quelques uns ont prêté la promesse, d'autres la refusent obstinément. Ils sont tranquilles. Préfet (Verneilh-Puyraseau). Il est aimé et estimé, bien conseillé par ses conseillers de préfecture. Il ne vit pas en grande confiance avec son secrétaire général. On lui désirerait un peu moins de réserve et de timidité. Sous-préfets (Brive : Rebières - Ussel : Raimond Penières). On paraît content d'eux. Émigrés non rayés et qui n'ont pas de surveillance. On n'en connaît point. Émigrés rayés ou en surveillance. Ils sont tranquilles.

Nièvre
Esprit public. L'esprit public est assez bon dans les cantons bien administrés. Ministres du culte. Ils sont tranquilles. Préfet (André Sabatier). On lui reproche de n'avoir pas encore fait sa tournée, d'être peu communicatif, peu exact dans sa correspondance. On le blâme de souffrir que le citoyen Gillois perçoive les appointements de conseiller de préfecture et exerce, dans une autre ville, les fonctions de défenseur officieux et d'avoué. Sous-préfets (Château-Chinon : Le Payen de Vigneulle - Clamecy : La Ramée-Pertinchamp - Cosne : Couroux-Desprès). Il paraît que de fâcheux souvenirs nuisent au citoyen La Ramée sous-préfet de Clamecy, et qu'il serait ailleurs plus avantageusement employé. Émigrés non rayés. Réponse nulle. Émigrés rayés ou en surveillance. On ne leur reproche rien.